<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483</id><updated>2012-02-17T03:15:22.316+01:00</updated><category term='Proust'/><category term='Equiano.'/><title type='text'>Petrus</title><subtitle type='html'>Commentaires</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>11</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-314569835163010547</id><published>2009-05-04T18:40:00.004+02:00</published><updated>2009-05-04T18:47:07.023+02:00</updated><title type='text'>MARQUIS DE LA MAISONFORT, Mémoires d'un agent royaliste, Mercure de France, 1998.</title><content type='html'>« &lt;em&gt;La Révolution était faite et je ne m’en doutais pas…&lt;/em&gt; ». Lorsque Antoine-François-Philippe Dubois Descours, marquis de La Maisonfort, part en Italie en mai 1791, c’est pour un voyage de détente, des vacances dirions-nous aujourd’hui. Il ne reviendra officiellement en France que 23 ans plus tard dans la suite de Louis XVIII. Malade, les hautes fonctions politiques de la restauration lui passent sous le nez. Il finira ministre plénipotentiaire de la France auprès du Duc de Toscane à Florence ; une sinécure. Lamartine, en poste aussi à Florence l’a très bien connu. Il le décrira : « C’était le plus naïf, le plus piquant mélange de philosophie voltairienne, épicurienne et sceptique de l’Ancien Régime… », et un « Voltaire charmant… ». Somme toute, un homme aimable qui n’a pas vu le temps qui passe.&lt;br /&gt;Pourtant c’est la mémoire de toute une vie qui est livrée ici, une vie qui a vu le monde changé mais qui, trop souvent, a fait mine de ne rien voir. C’est porté par un style plaisant, piquant et détaché, ponctué de traits humoristiques et parfois ironiques, très « ancien régime » sans être affecté. Visiblement, La Maisonfort se divertit en rédigeant son histoire ; l’histoire de ceux qui, comme lui en affichant un sourire ingénu, s’étonnèrent de voir leur monde se fissurer, s’effriter et finalement s’écrouler.&lt;br /&gt;Il est né un 3 juin 1763 au château de La Maisonfort dans le Nivernais ; une noblesse de province avec juste assez d’argent pour paraître en avoir plus. Jusqu’ici tout va bien. Après des études plaisantes en pension à Paris où d’après ses dires il excelle en mathématique, à 15 ans, suivant la volonté paternelle, il intègre un régiment de dragons à Versailles. A cette époque, un jeune aristocrate – si tant est respectueux de la tradition nobiliaire -  ne se voit offrir que deux fortunes : la soutane ou la cuirasse. La soutane ne devait guère être le genre de la maison car passant officier six mois plus tard – ça ne rigolait pas à l’époque – on constate ses carences en matière d’éducation chrétienne. Et dare-dare c’est la formation expéditive avec catéchisme, communion et tout le saint-frusquin. Et puis c’est la vie de garnison, l’oisiveté ; il n’y a pas de guerres ces années là, ou si peu. Alors on court les jeunes filles, on badine, on libertine, on pratique la noblesse locale, on joue beaucoup car les soirées sont longues, on perd beaucoup aussi et on calcule à coups de relations le poste honorifique mais, surtout, on guigne la pension qui lui tient le bras. Il vivra les évènements de la révolution avec toujours un temps de retard. Il écrit des pièces de théâtre qu’il fait jouer dans son château ou chez des amis. Sur la route de l’Italie en mai et juin 1791 il apprendra la fuite du roi puis son arrestation à Varennes. Les jeux sont faits. Il rejoint l’armée des princes cantonnée à l’est et c’est la défaite de Valmy en 1792. Les régiments dissous, c’est l’errance avec femme, enfants et domestiques restés fidèles en Allemagne, en Hollande et en Russie mais il faut gagner sa vie ; il se lance avec une de ses relations – avec qui il se brouillera -  dans l’imprimerie et l’édition et publie un journal. Mais il garde cette chevaleresque et noble tradition de dépenser plus qu’il ne gagne et c’est l’éternelle course à la prébende et au prêt. Naïveté, fanfaronnade, difficile de le dire, mais il rentre à Paris au début du consulat. Il est arrêté et interné à la conciergerie puis à l’île d’Elbe. Il s’y évade – une vraie histoire à la Dumas – et passe au service des russes. Détaché à Londres auprès de Louis XVIII par le Tsar il finit par rentrer en France avec une royauté rétablie. Pas pour longtemps ; c’est les cent jours. Derechef, ce sont les bagages vite faits et direction Gand auprès du roi. Waterloo met fin définitivement à l’aventure napoléonienne et c’est 1815 et la restauration. Elu député en 1815 à la fameuse chambre introuvable, il s’installe à Louveciennes, la campagne en ce temps là. La maladie l’éloigne du pouvoir pendant presque deux ans ; maladie dont on ne saura pas grand-chose sinon qu’elle l’oblige à des séjours de cure et de soins à Montpellier ou à Bagnères-de-Luchon. Entre temps les places sont prises et c’est finalement en août 1820 un poste de ministre de France à Florence qui lui échoit ; la bonne gâche tout compte fait. Il visite Rome et l’Italie du nord, va aux bains à Livourne ou à Lucques, banquette, gambade avec sa bonne amie, fait sa cour auprès des princes locaux. Il représente la France quoi… Après un long congé en France, il meurt à Lyon sur le chemin du retour le 2 octobre 1827 en laissant dans ses malles des cahiers où il raconte son histoire objet de la présente édition. Le dernier cahier fut perdu ou subtilisé. Un des dossiers inclus en appendice de cette édition suggère que ce dernier cahier relatant des faits trop récents fut soustrait de la succession du diplomate et les mémoires de notre marquis s’arrêtent à octobre 1823. Nous n’en saurons pas plus.&lt;br /&gt;L’intérêt historique de ce témoignage est incontestable et nous apporte une vision insolite de cette période comme un paysage contemplé depuis longtemps sous le même angle nous apparaît avec une perspective inusitée en nous déplaçant. Les évènements révolutionnaires et l’Empire qui suivit nous sont plus connus par les chroniques officielles puisées dans les souvenirs de ses acteurs directs. Les mémoires des immigrés eurent moins de succès. &lt;br /&gt;Bien entendu, nous percevons quelques fois au-delà des lignes le récit tronqué aux angles judicieusement arrondis où il est préférable de ne pas s’attarder et vite notre marquis s’en tire d’un art affûté et sort du récit avec les honneurs. Néanmoins ses protestations sont laborieuses et peinent parfois à habiller une réalité qu’on devine. C’est malheureusement la caractéristique de beaucoup de mémorialistes que de se donner le beau rôle ; il n’est pas le premier et ne sera pas le dernier. Il déplore son train de vie dispendieux et ses pertes au jeu mais ne s’en offusque pas outre mesure ; il a un rang de marquis à tenir. Il oublie de se relire parfois. Il quitte la France en 91 pour un voyage d’agrément et l’annonce de l’emprisonnement du roi aux tuileries le décide à ne pas rentrer. Mais plus loin il concède qu’il était déjà perclus de dettes, dettes qu’il continuera toujours à payer dans les années 1820 alors qu’il perd ses procès ; il gagne du temps, avoue t-il. La Révolution, la Terreur, le Directoire et l’Empire sont passés par là mais les créanciers sont éternels.&lt;br /&gt;Nous croisons énormément de gens dans ces souvenirs ; des connus comme Chateaubriand, Guizot, Talleyrand, la famille royale, Fouché, LaFayette, Rivarol ou Madame de Staël ; d’autres beaucoup moins et il est à signaler le remarquable travail de documentation et de synthèse des initiateurs de cette publication à travers les nombreuses notes qui parsèment et éclairent ces mémoires. Parmi tous ces personnages, le mémorialiste montre rarement le peuple qui l’entoure, celui qui précisément le déchût de ses privilèges. Il raconte trop brièvement le pillage de son château pour ne pas y voir l’amertume et l’incompréhension face à l’attitude de ces villageois qu’il connaissait pour la plupart. Mais il les connaissait comme un marquis connaît ses domestiques. Ça visiblement, il ne l’a pas compris. A la mort de son fidèle valet en Allemagne, il fera son éloge, parce qu’il était son valet, parce qu’il était fidèle.  Il s’accrochera jusqu’au bout à cette royauté qu’il crût restaurée durant un temps mais qui n’eût de restauration que de nom. En vingt trois ans les moeurs avaient changé ; il verra la grande bourgeoisie s’immiscer dans les affaires du royaume, bourgeoisie qui à son tour finira par s’imposer et à de se doter de privilèges bien décidée à les sauvegarder. Ça, il ne le verra pas.&lt;br /&gt;La noblesse d’alors justifiait ses privilèges outranciers en invoquant le lignage et le droit divin. La bourgeoisie industrieuse et commerçante qui s’ensuivit justifiera ses prérogatives exorbitantes par la grandeur de la France. Aujourd’hui, absorbée et diluée dans la finance internationale, elle fait piètre figure et n’a plus voix au chapitre face à cette nouvelle oligarchie mondiale qui elle justifie ses pouvoirs pitoyables par les lois de l’économie ; lois créées par elle-même, bien entendu, comme d’autres avaient inventé la sainte ampoule et le droit divin. &lt;br /&gt;Et peut être, sûrement, dans une décennie ou deux, l’un de ces seigneurs destitué de la finance rédigera ses mémoires et évoquera sa belle époque en écrivant naïf et stupide à force d'étonnement :  « &lt;em&gt;La Révolution était faite et je ne m’en doutais pas…&lt;/em&gt; ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-314569835163010547?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/314569835163010547/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=314569835163010547' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/314569835163010547'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/314569835163010547'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2009/05/marquis-de-la-maisonfort-memoires-dun.html' title='MARQUIS DE LA MAISONFORT, Mémoires d&apos;un agent royaliste, Mercure de France, 1998.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-8750803641975230792</id><published>2009-04-29T13:36:00.003+02:00</published><updated>2009-04-29T13:50:09.530+02:00</updated><title type='text'>Le réchauffement de 1860 à nos jours. Emmanuel Le Roy Ladurie, Fayard, 2009.</title><content type='html'>Ce livre est le troisième volume de &lt;em&gt;Histoire humaine et comparée du climat &lt;/em&gt;et couvre la période 1860 à nos jours. En titrant ouvertement avec le mot &lt;em&gt;réchauffement&lt;/em&gt; l’auteur est direct dans sa démarche : depuis le début de l’ère industrielle, la température de l’atmosphère de notre planète se réchauffe, chiffres, graphiques et études à l’appui. &lt;br /&gt;A l’aide de données fournies par les météorologistes et différentes sources historiques, Emmanuel Le Roy Ladurie expose un bilan de cette période de 150 ans et en extrait grosso modo quatre grands jalons. 1861-1910 est en quelque sorte la « base de lancement », avec ces excès de chaleur et de froidure apparemment erratiques, le piètement où va s’appuyer la première phase avérée de réchauffement de 1911 à 1950. Puis suivent les années 1951-1980 qui témoignent de sa consolidation comme si le climat reprenait son souffle après ses efforts des quatre décennies précédentes. Enfin 1981 à ce jour, ardente période, qui voit les températures franchement décoller et qui recèle les années les plus chaudes depuis ce siècle et demi.&lt;br /&gt;Bien entendu, l’auteur, historien de renom, s’interdit pour des raisons formelles d’évoquer les causes de cet emballement climatique, ne serait-ce qu’indirectement. Il nous livre ici décennies par décennies l’austérité des chiffres et des faits. Ce sont températures moyennes, pluviosité, données saillantes dans leurs écarts par rapport à la norme (Canicules ou froidures extrêmes), date et production de récoltes… Le tout rédigé dans un style direct qui s’apparente parfois à un rapport scientifique. Avouons-le, sa lecture en est parfois fastidieuse et c’est le point commun de tous ces livres remarquablement documentés, en quelque sorte, le défaut de leur qualité. Cela dit, réunis en un dernier chapitre, des graphiques issus d’archives de Météo France ou autres, illustrent parfaitement avec leur rigueur et froideur mathématique l’exposé de l’historien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si cette étude n’aborde pas les causes, elle incite aux interrogations. Il est clair pour la majorité des gens que l’utilisation des énergies fossiles depuis cent cinquante ans (Charbon, tourbe, pétrole…) avec leur dégagement massif et incontrôlé de gaz a une incidence sur la composition de notre atmosphère. La grosse difficulté est d’en déterminer l’impact. Pour cela il nous faudrait une Terre témoin, une planète jumelle, soumise aux mêmes conditions d’environnement astronomique, dépourvue d’industrialisation et a en comparer les évolutions conjointes. Mais nous n’avons pas ça en magasin. Reste la modélisation et y entrer les bons paramètres et leurs poids respectifs. Encore faut-il en avoir une bonne connaissance.&lt;br /&gt;Quoi qu’il en soit, même si les preuves formelles nous font défauts (D’ailleurs certains ne se privent pas de l’exploiter), il ne faut pas être grand clerc pour affirmer que l’activité humaine industrielle a obligatoirement une conséquence sur l’environnement. En cent cinquante nous avons consommé environ la moitié des réserves estimées à ce jour de pétrole. Il ne nous faudra pas cent cinquante ans pour en extraire les dernières gouttes, c’est évident. En attendant, les exploitants, distributeurs, transporteurs et profiteurs de cette manne financière ne sont pas près de lâcher cet os tant qu’il ne sera pas complètement rongé. Et nous traînons bon gré mal gré notre outrage comme d’autres traînent leur boulet.&lt;br /&gt;          &lt;br /&gt;Outre les données thermométriques, cette étude nous livre des éléments à prendre en compte et auxquels nous ne prêtons guère attention dans notre existence d’être pressé. Il y a par exemple la date des vendanges qui irrémédiablement depuis un siècle et demi s’éloigne de la fin septembre ou début octobre vers la première quinzaine de septembre. La courbe issue de ces dates est en parfaite corrélation avec celle des températures. Il y a les données de la production céréalière bien que ces dernières soient à manier avec précaution et avec les pondérations indispensables ; les rendements à l’hectare du début du 20ème siècle sont sans commune mesure avec ceux d’aujourd’hui, la technologie est passée par là mais il n’y a pas qu’elle. La teneur en sucre des betteraves et la qualité des vins sont aussi de bons indicateurs. Les faits ne manquent pas ; ce livre nous permet de les découvrir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-8750803641975230792?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/8750803641975230792/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=8750803641975230792' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/8750803641975230792'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/8750803641975230792'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2009/04/le-rechauffement-de-1860-nos-jours.html' title='Le réchauffement de 1860 à nos jours. Emmanuel Le Roy Ladurie, Fayard, 2009.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-412229800481235454</id><published>2009-04-17T16:41:00.003+02:00</published><updated>2009-04-29T13:57:15.658+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Equiano.'/><title type='text'>Ma véridique histoire par Equiano. Mercure de France, collection Le temps retrouvé.</title><content type='html'>Ce livre fut publié pour la première fois à Londres en 1789 et fit l’objet de neuf éditions. Singulière histoire qui y est relatée… Un jeune africain de onze ans et sa sœur sont enlevés un jour et arrachés à leur famille et à leur village. Une razzia comme il est coutume de l’appeler ; razzia perpétuée par des membres d’une lointaine tribu ou par hommes spécialisés dans cette activité, nous n’en saurons rien. Quoi qu’il en soit, le jeune Oulaudah Equiano et sa jeune soeur successivement vendus et achetés, de propriétaires africains en propriétaires africains, arrivent quelques mois plus tard sur la côte atlantique. Au long de ce cruel parcours, il sera séparé de sa sœur qu’il ne reverra jamais ; comme il ne reverra jamais son village et sa famille. Là où il était né, il n’avait jamais entendu parlé de la mer et des grands bateaux des hommes blancs. Pour lui, une destinée toute autre se dresse face à sa jeunesse. De captif au service des maisonnées africaines, il est vendu et devient esclave au service des blancs. La descente aux enfers… Et c’est bien l’enfer qu’il approchera dans la cale écœurante du bateau qu’il l’emmène à la Barbade ; on fait sortir les esclaves par petit groupe sur le pont afin qu’ils prennent l’air ; ce n’est pas de la bonté d’âme mais il faut limiter les pertes : la « cargaison » a coûté chère. Et puis c’est l’arrivée, le marché où s’empressent le planteur et le capitaine de bateau marchand. Et encore l’achat et la revente, les sévices et les punitions dont est témoin ou victime notre jeune esclave. Il ne s’étend pas trop, par pudeur, sur le sort réservé aux jeunes filles. En écrivant, il doit penser à sa sœur, sans doute. Plus tard, un planteur virginien le vend à un capitaine de bateau et il découvre Londres et la société anglaise. Il apprend à lire et écrire, des rudiments de navigation et comme marin – esclave toujours - voyage beaucoup. A force de petits commerces et maintes avanies il réussit à amasser la somme qui lui permettra de payer sa liberté. 40 livres…, le prix de son achat. Fort de son indépendance nouvellement acquise, il déchante vite. Il est un homme libre mais il est toujours noir. La seule différence est qu’il peut choisir son patron et être payé, enfin en principe… Dans ces Indes occidentales comme on les appelle encore, un noir même affranchi n’a quasiment aucun droit. Equiano se fait flouer, arnaquer souvent par des hommes que la pâleur de leur peau protège d’éventuelle poursuite judiciaire initiée par un noir. Et d’aventures en voyages, dûment baptisé, il retourne à Londres où il fréquente les milieux abolitionnistes. Il s’établira, finira par se marier, eut deux enfants et mourra le 31 mars 1797 non sans avoir rédigé ses mémoires, objet de cette publication.&lt;br /&gt;Cette relation est émouvante, rédigée avec la simplicité d’un homme qui ne prend conscience qu'imparfaitement de l’importance de son témoignage. L’esclavage, à cette époque, fait partie des mœurs ; on le côtoie et tous ces gens sont persuadés d’être de bons chrétiens. Peu s’insurgent contre la condition servile et si Equiano condamne son ancien état, il le fait souvent avec une certaine naïveté. Ne va-t-il pas – lui ancien esclave – s’embarquer quelquefois sur des navires avec dans la cale, outre marchandise et matériel, sa cargaison d’esclaves destinée à la vente à quelques exploiteurs ? Il travaillera même au sein d’une plantation, chargé de l’organisation de la tâche de ses anciens confrères de chaîne. Ils seront bien traités, précise t-il. Il nous est difficile de juger avec deux siècles de décalage ce qui nous semble aujourd’hui de la complaisance envers le système. Gardons-nous-en ; d’ailleurs, abandonnant définitivement les îles et rentré à Londres, il se démènera avec ses amis pour œuvrer pour l’abolition. Dans les colonies britanniques, celle-ci interviendra en 1833. Notre ami ne le verra pas. En France, l’esclavage sera aboli le 4 février 1794 après la révolte de Saint-Domingue menée par Toussaint Louverture. Mais Bonaparte, en jugeant autrement, le rétablira en 1802, ce que, curieusement, on mentionne rarement dans nos livres. Il faudra attendre le 27 avril 1848 pour voir voter le décret d’abolition grâce à Schœlcher et le courant de pensée qui l’accompagne. Et puis ce sera en 1860 le tour des colonies hollandaises ; en 1865 sur l’ensemble des Etats-Unis d’Amérique ; 1869 verra l’abolition dans les colonies portugaises, en 1888 suivra le Brésil, 1919 le pacte de la SDN condamnant la traite et puis enfin, si nous pouvons l’écrire, la convention de Genève de 1926 ratifiant les mesures du pacte de la SDN.&lt;br /&gt;Les temps ont changé. Il s’en est écoulé du sang depuis Equiano. Des rivières de larmes et des cris de désespoirs qui chantent encore à nos oreilles comme un air de jazz. Le blues, c’est les clameurs de ceux qui n’avaient rien à faire ici, des mots perdus et envolés par ceux qui ne sauront jamais d’où sont venus leur père et leur mère. L’Afrique ne s’en est pas encore remise. Mais ça, c’est la suite de l’histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petrus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-412229800481235454?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/412229800481235454/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=412229800481235454' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/412229800481235454'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/412229800481235454'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2009/04/ma-veridique-histoire-par-equiano.html' title='Ma véridique histoire par Equiano. Mercure de France, collection Le temps retrouvé.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-4213013538083241887</id><published>2009-02-09T18:48:00.001+01:00</published><updated>2009-02-09T18:50:58.975+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Proust'/><title type='text'>Questionnaire de Proust.</title><content type='html'>Questionnaire de Proust&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Quel est pour moi le comble de la misère?&lt;br /&gt;2. Quel est le principal trait de mon caractère?&lt;br /&gt;3. Quelle est la qualité que je préfère chez l'homme / chez la femme?&lt;br /&gt;4. Quel est mon idéal de bonheur terrestre?&lt;br /&gt;5. Quelles fautes m'inspirent le plus d'indulgence?&lt;br /&gt;6. Si vous n'étiez pas vous-même, qui auriez-vous aimé être?&lt;br /&gt;7. Où aimeriez-vous vivre ?&lt;br /&gt;8. Ce que j'apprécie le plus chez mes amis&lt;br /&gt;9. Mon principal défaut&lt;br /&gt;10. Mon occupation préférée&lt;br /&gt;11. Mon rêve de bonheur&lt;br /&gt;12. Quel serait mon plus grand malheur?&lt;br /&gt;13. Ce que je voudrais être en ce moment précis&lt;br /&gt;14. Mets et boissons préférés / Couleurs, fleurs, oiseaux préférés&lt;br /&gt;15. Mes auteurs favoris &lt;br /&gt;16. Mes héros / héroïnes fictifs&lt;br /&gt;17. Mes compositeurs / mes peintres préférés&lt;br /&gt;18. Le mot que je préfère / mon juron préféré&lt;br /&gt;19. Mes héros / héroïnes dans la vie réelle &lt;br /&gt;20. Mon personnage historique favori&lt;br /&gt;21. Mes prénoms favoris&lt;br /&gt;22. Ce que je déteste par dessus tout (ou ma bête noire)&lt;br /&gt;23. Personnages historiques que je méprise le plus&lt;br /&gt;24. Le fait militaire que j'admire le plus / La réforme que j'estime le plus&lt;br /&gt;25. Le don de la nature que je voudrais avoir&lt;br /&gt;26. Comment j'aimerais mourir&lt;br /&gt;27. État présent de mon esprit&lt;br /&gt;28. Ma devise&lt;br /&gt;29. Si dieu existe, que voudriez-vous lui entendre dire en vous accueillant?&lt;br /&gt;30. Si dieu existe, que lui dites-vous en arrivant?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-4213013538083241887?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.facebook.com/home.php?ref=home#/group.php?gid=48619817585' title='Questionnaire de Proust.'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/4213013538083241887/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=4213013538083241887' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/4213013538083241887'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/4213013538083241887'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2009/02/questionnaire-de-proust.html' title='Questionnaire de Proust.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-5155078410332240981</id><published>2009-02-01T18:56:00.004+01:00</published><updated>2009-02-08T10:14:49.651+01:00</updated><title type='text'>Précis de littérature du XXIè siècle. Jourde et Naulleau, Mango.</title><content type='html'>Je ne ferai pas ici un résumé de l'ouvrage qui ma foi se lit assez vite. Mais le constat est amer. Cependant on s'amuse et ça, c'est inestimable. Bien sûr au dépend de quelques auteurs mais bon, la notoriété a ses passages obligés.&lt;br /&gt;Nous y cueillons au gré de la promenade quelques fleurs dans le parterre de notre littérature, les Angot, Sollers, Lévy, Laurens, Darrieussecq, Labro, Lévy encore (L’autre, B.H) et d’autres encore… Mais tout de même, certaines et certains écrivains se foutent du monde et je ne parle pas de leurs éditeurs - cela dit en passant - car les auteurs de ce petit livre noir, à moins que ma mémoire  ne me fasse défaut, ne s'attardent guère sur ces messieurs. C'est précisément ici un point à noter... &lt;br /&gt;Tout le monde a le droit d'écrire, de livrer en un volume ses problèmes et ses tourments, avec sa mère, ça marche pas mal ça, ses ennuis digestifs, sa sexualité hétéro ou homo au choix, ça c'est bien, son père, bon faut voir, son angoisse face à la vie - parce que c'est terrible la vie sous nos latitudes - mais le mieux c'est le mélange de tout ça, comme ça on ratisse large et ça, ça plaît à nos amis les commerçants. Car ce sont malheureusement des commerçants et si le profit est légitime et même souhaité chez notre épicier et notre marchand de chaussures, il est trop fréquemment ambiguë chez ces éditeurs privilégiant le récit atonal et sans estomac de ces auteurs. Bien évidemment, cela se vend ; la fortune des uns se complaît dans l'indigence des autres. Et tout est bien dans ce monde petit ; on y est bien avec nos problèmes, on vit entre nous. Et la rue Jacob ou Didot Bottin, ma foi, c'est loin des banlieues. &lt;br /&gt;Tout compte fait, qu'est-ce qu'un écrivain ? J'allais écrire là "qu'est-ce que la littérature" mais honnêtement je n'ose pas. Un grand auteur, Jean-Paul Sartre, a déjà tenté de répondre à la curieuse question et franchement je ne me vois pas en prendre le relais. Je passe chapeau bas devant l'œuvre du monsieur et je me propose de continuer mon chemin. Après tout, la philosophie a toujours servi à ça : marcher. Et n'est-ce pas un des rôles, sinon la principale implication de l'écrivain, que d'essayer les nouveaux chemins de la communauté humaine, ceux qui s'offrent à nous après le travail des aînés.&lt;br /&gt;Seulement voilà… nous vivons dans un curieux environnement : les romans d'aujourd'hui ne sont plus pour la plupart qu'une longue et fatigante lamentation sur soi-même : l’empire du « Moi, je… ». Où est l'œuvre philosophique ici ? Car le roman n'est-il pas fait pour éveiller ce sens de l'histoire, de cette petite histoire qui génère la grande ? Dans le fond, le roman est une occasion pour mettre en scène le monde présent, celui de tous les jours, avec ses drames, ses joies, ses espoirs. En mettant en situation, l'écrivain ne fait que décrire à travers ses personnages un monde au deçà de l'intrigue. Jean Valjean, Emma Bovary, Eugénie Grandet, Nana et tous ces autres que l'Histoire, la vraie, a ignorés ne préfigurent-ils pas les luttes du vingtième siècle ? Oh, tous ces auteurs à l'origine de ces personnages ne sont pas à porter au pinacle de la littérature mais ils ont au moins le mérite d'avoir décrit le monde dans lequel ils baignaient, même, et c'est en cela que c'est important, même si ce monde n'était pas le leur. Hugo fut exilé certes mais pas bagnard loin s'en faut; Flaubert, Balzac ou Zola n'étaient pas des femmes et pourtant ils en ont fait leurs héroïnes. Ecrire c’est projeter et créer, mais dans un autre temps.&lt;br /&gt;Ecrire, c'est décrire, inventer beaucoup et derrière l'invention montrer du doigt ; montrer du doigt n'est pas inévitablement dénoncer d'une plume acérée et méprisante, c'est encore et surtout désigner des chemins ou des directions. A nous lecteurs d'en suivre si l'on veut les panneaux. &lt;br /&gt;Somme toute, en refermant ce livre et en dépit du constat de ses auteurs, nous sommes obligés de remarquer que l’objurgation face à ce dénuement littéraire est bien inutile. Le temps qui passe se chargera de cette basse besogne. Passons notre chemin en nous souvenant que la plus cinglante des critiques reste le silence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-5155078410332240981?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/5155078410332240981/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=5155078410332240981' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/5155078410332240981'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/5155078410332240981'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2009/02/precis-de-litterature-du-xxie-siecle.html' title='Précis de littérature du XXIè siècle. Jourde et Naulleau, Mango.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-8066211505713877250</id><published>2008-05-17T16:10:00.000+02:00</published><updated>2008-05-17T16:11:16.178+02:00</updated><title type='text'>Flaubert/Tourguéniev correspondance (Flammarion, 1989)</title><content type='html'>Bien entendu, dans une correspondance, on ne peut guère s'attarder sur un style ou tenter de faire ressortir un procédé littéraire, bien que ce genre eût un certain succès dans le courant du 19ème siècle. Ce sont ici plus de deux cent lettres que les deux écrivains s'échangèrent dès leur première rencontre jusqu'à la mort de Flaubert.&lt;br /&gt;Une lettre, c'est la spontanéité du premier trait, la franchise du mot, la douleur, le malheur, les petits et grands soucis, les joies du moment et les peines d'une vie. Une lettre, c'est trois lignes ou trois pages mais ce n'est pas sa longueur qui en fait une œuvre, c'est, vous vous en doutez, l'expression de ce morceau d'existence qui s'y dissimule parfois à l'insu même de son auteur.&lt;br /&gt;Les "deux géants", comme se plait à les qualifier Alexandre Zviguilsky dans son introduction, se rencontrèrent le 28 février 1863 à un dîner littéraire au café Magny, à Paris, dîners nouvellement créés par Sainte-Beuve. A partir de là, que s'est-il passé? Quand on connaît Flaubert un tant soi peu - le bonhomme n'était pas du genre à se lier avec le premier venu, fut-il être écrivain au renom européen (Europe au sens qu'on donnait au mot en ce 19ème siècle) - il a fallu que le contact fût à ce point chaleureux pour qu'ils entretinssent, dès le mois de mars, une correspondance qui dura dix sept ans et interrompue par la mort du premier. &lt;br /&gt;Certaines personnes ne méritent pas de mourir… et pourtant, il le faut. C'est ce qu'ils firent en nous laissant ce courrier livré aujourd'hui à notre curiosité. Il y a, au premier abord, une contradiction dans cette relation épistolaire. C'est la confrontation de deux personnalités aux caractères opposés, du moins à l'expression dont l'antagonisme ne cesse de nous étonner. A la faconde et au réalisme de l'écrivain russe s'affrontent la retenue et l'inquiétude du bonhomme de Croisset. Non pas que Flaubert fût un bonnet de nuit, loin s'en faut, mais il y a toujours chez lui ce désarrois face à la vie, cette détresse, quelques fois un peu jouée complaisamment – il faut bien le dire – qui fait qu'il se lamente parfois à longueur de certaines lettres avec toutefois ce trait d'humour dont il n'arrive pas malgré tout à se départir. Bien sûr, le moscove y va aussi de temps à autre de ses lamentations, sur sa goutte quasi chronique, sur ses affaires familiales, mais on sent quelquefois l'étonnement, effleurant l'agacement, face à la prose dont Flaubert noircit son papier à lettre. Bon, c'est aussi une correspondance d'hommes ayant vécu auxquels on ne peut guère faire prendre des vessies pour des lanternes; l'époque était rude, ne l'oublions pas.&lt;br /&gt;Néanmoins, une caractéristique ressort ici: la démarche artistique de Flaubert. J'ai tort, je dois l'avouer, d'en faire mention pour ces lettres uniquement. La lecture du courrier adressé à Georges Sand recèle lui aussi bien des secrets de la création de l'écrivain, ses doutes, sa fatigue, ses angoisses, ses recherches mais assurément quelque peu dépouillés de ce naturel qui domine la relation entre deux hommes. Ici, le mécanisme est démonté aux yeux de tous; on y voit les rouages et les ressorts de la création de Bouvard et Pécuchet, de la reprise de la Tentation de Saint Antoine, la construction et l'assemblage laborieux, presque mots par mots, phrases après phrase, chapitres après chapitres du roman. Flaubert n'écrivait pas: il inventait. A partir de rien, il faisait une histoire. Il en rassemblait les morceaux qu'il collait patiemment jour après jour. A chaque fois, il partait du néant. Flaubert n'était pas un écrivain: c'était un créateur. C'est pour cela qu'il avait tant de difficultés à construire son roman; il lisait, il compilait, vérifiait, se déplaçait, notait et il vivait pour ça. "A la recherche du mot perdu" aurait pu être le titre du roman de sa vie. D'ailleurs, n'était-il pas une référence pour Maupassant, Proust ou Sartre? Heureuse filiation en tout cas! "Les mots" est le titre d'une des plus belle œuvre de Sartre; merci Gustave.&lt;br /&gt;Mais en dehors des sous bassement littéraires d'une correspondance de cet ordre, il y a un aspect historique qu'on ne peut passer sous silence. On y découvre ici et là, à travers le texte, les détails d'une vie de bourgeois en cette deuxième moitié du 19ème. C'est en cela que la lecture des correspondances est une source inestimable de renseignements pour l'historien mais, comme nous ne le sommes pas, nous laisserons à d'autres le soin de cette analyse. On notera comme ça au passage la rapidité de la remise du courrier. Une lettre émise à Paris était distribuée le lendemain à Croisset ce qui me laisse perplexe compte tenu des moyens de l'époque. Mais il est vrai que le volume de courrier n'est pas comparable avec le notre, ceci explique cela, peut être. Et puis, il y a cette oisiveté dont bénéficiaient ces gens nés du bon coté qui étonne maintenant. Il faut bien le dire ici: Flaubert ou Tourgéniev et comme bien d'autres ne travaillaient pas. Il vivait de leurs rentes, certes souvent difficilement pour Flaubert, mais ils ne connaissaient pas le poids du travail salarié qui nous mine et nous bouffe le temps un peu plus chaque jour. Cette sinécure leur laissait le temps d'écrire de nombreuses lettres, parfois plusieurs par jour, en plus de leurs œuvres. &lt;br /&gt;Mais bon, les deux géants s'en sont allés vers le néant et nous ont laissés ces traces que je vous conseille d'apprécier. N'oublions pas, surtout pas, nous suivrons le même chemin et si l'histoire retient le nom des auteurs, elle ne se souvient presque jamais de ceux de leurs éditeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petrus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-8066211505713877250?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/8066211505713877250/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=8066211505713877250' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/8066211505713877250'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/8066211505713877250'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2008/05/flauberttourguniev-correspondance.html' title='Flaubert/Tourguéniev correspondance (Flammarion, 1989)'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-6331030981278281835</id><published>2008-05-16T16:20:00.000+02:00</published><updated>2008-05-16T16:21:33.984+02:00</updated><title type='text'>Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir, Gallimard, 1949.</title><content type='html'>1949. Ce n'est pas d'hier; c'est même d'avant d'hier à proprement parlé, du moins ici écrit plus exactement. Il y a déjà dans le titre de cet ouvrage une réflexion immédiate, une interrogation flagrante sur laquelle nous ne pouvons ne pas nous pencher: le deuxième sexe…. Si l'auteure a qualifié le sexe en question comme deuxième, c'est qu'il doit bien en exister un premier. La question et la réponse est embarrassante pour nous messieurs. Eh oui chers confrères, il faut nous rendre à l'évidence : depuis des millénaires, nous nous octroyons la première place. Pour quelles raisons ? Il y a en deux et pour résumer, et surtout pour aller vite les voici : l'homme a façonné le monde à son usage; la femme a laissé faire.&lt;br /&gt;Oui, chers amis, nous nous trouvons en présence ici d'un coupable, d'un coupable et de son complice, qu'écris-je là!... , d'un coupable et de sa complice! C'est ce que tente de nous prouver par ce long réquisitoire Madame de Beauvoir. Et je dois avouer que je fus convaincu par cet argumentaire, ce patient exposé, fruit d'une abondante recherche. Certes, je vous autorise ici à penser qu'elle prêchait à un convaincu. Pas autant que vous le pensez pourtant… j'ai une petite histoire à vous raconter.&lt;br /&gt;Je suis homme et comme tous mes congénères je n'ai jamais appris ce que c'était un homme; pourquoi? Eh bien parce que je suis né avec un truc en plus, oh! Pas un truc extraordinaire, mais je l'avais ici, il était là, et c'était suffisant pour ne pas se poser de questions. Tout petit, j'ai appris rapidement sans même m'en apercevoir que cet additif est comme un blanc-seing, le laissez-passer qui nous ouvre miraculeusement les portes du monde. On ne nous demande pas d'où on vient, ce qu'on veut faire - ou sans quoi ce n'est juste qu'une formalité - et on passe, car il y a forcément une place pour nous. Nos mâles aînés, depuis des générations, nous ont damés les chemins et ils ont même réussi à nous faire désigner l'ensemble de l'espèce par notre seul nom: l'Homme. Du moins en langue française, car en d'autres langues la nuance entre la désignation de l'espèce et l'appartenance sexuelle est marquée plus délibérément, mais restons prudents en la matière. Quoiqu'il en soit, j'ai eu ce sort de grandir parmi des femmes qui, grâce et à cause de mon âge, ne me regardaient pas encore comme un homme, ici mâle de l'espèce humaine, ce qui m'a permis bien involontairement je dois l'avouer, d'en observer les usages et les inquiétudes, lesquels m'auraient échappé en d'autres circonstances. Mais tout cela n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Je regardais, j'écoutais et je grandissais. D'ailleurs, c'est tout ce que j'ai fait durant ma jeunesse, soit dit en passant…Fort de cela, et pour écourter ce récit, j'abordai l'âge adulte largement dépourvu de l'esprit critique nécessaire à la bonne perception du statut de la femme au sein de la société. Mes sentiments à l'égard de mes consoeurs de l'espèce humaine confinaient à la vénération. J'ignorais, et pour longtemps encore, qu'elles pouvaient tricher, mentir et avancer masquer. Et quoi d'étonnant, ce sont des êtres humains… juste un peu plus tard, je commençais à voguer sur ma troisième décennie, je découvris les sœurs Groult, et puis d'autres qui ne firent que me conforter dans ma béate attitude.&lt;br /&gt;Bien sûr, elles avaient raison; et elles ont toujours raison, tristement raison. La femme depuis des siècles a subit: subit le dictat de l'homme, suivit l'homme au propre comme au figuré, a accompagné soumise et souvent passive le bonhomme dans ses errements en quête du pouvoir temporel. Errements; ce mot ici ne traduit guère la cruelle réalité. Il en serait presque grossièrement risible si il n'y avait pas toutes ces larmes, cette douleur et ces vies happées au nom de cette soif archaïque. Et vous mesdames… que faisiez vous en ces temps obscurs? Vous chantiez? Vous dansiez? Non…&lt;br /&gt;" Et sans doute il est plus confortable de subir un aveugle esclavage que de travailler à s'affranchir" (Edit. 1986, vol. 1, p.395). Cette phrase est terrible, terrible par la violence de ses mots. Ils sont là écrits: esclavage, aveugle, subir. Et c'est là où mon histoire se termine et où l'histoire des femmes continue. Victor Hugo évoque non sans malice dans "Choses vues" un piédestal et le compare à une petite surface avec quatre précipices autours. Oui, vous vous teniez dessus et vous êtes tombées. On vous croyait libres, déliées de ces liens ancestraux, volontaires, émancipées mais votre image dans le miroir n'a de cesse de vous tourmenter, à votre petit garçon tombé vous lancer: ne pleure pas, tu es homme! Vous remerciez d'un petit sourire satisfait et enchanté celui qui vous cède la place dans le métro, mais vous vous faites discrètes quand vous constatez que la plupart des places d'une assemblée sont occupée par des hommes. Bien entendu, il y a bien de temps à autre les protestations de circonstance mais tout de même, la sujétion, surtout sous nos démocraties contemporaines, a je-ne-sais-quoi de confortable, ne serait-ce pas là le confort du second? &lt;br /&gt;Le deuxième sexe; le titre est bien venu et nous pouvons remercier Simone de Beauvoir d'en avoir exprimé l'amère vérité. Cela fut écrit il y a plus de cinquante ans maintenant mais ce livre n'a presque pas vieilli. Mesdames, mesdemoiselles, vous êtes toujours les deuxièmes et nous les premiers. Comment! Vous ne me croyez pas! Alors je recommande aux premières de se plonger dedans et aux deuxièmes de les suivre (ça ne peut pas vous faire de mal messieurs) et vous constaterez, mis à part quelques détails, que 1949 c'est encore aujourd'hui. Le premier volume dresse en quelque sorte le constat historique et aborde la symbolique féminine au sein de la littérature, le mythe de la femme largement célébré dans nos romans teinté trop souvent de cette complaisance toute masculine. Le deuxième volume est plus "pratique" et brosse d'une manière exhaustive les situations de femmes au regard de notre société et des caractéristiques sous-tendues par les différents devenirs féminins, entre autres et non des moindres, l'enfance et sa pesanteur et la sexualité complexe et trop souvent inaccomplie.   &lt;br /&gt;Evidemment, et pour finir, la question est la suivante: qui des deux arrivera le premier? C'est bizarre… pour ma part, je ne savais pas que nous étions en compétition. C'est une découverte. Mais laissons cela; la compétition, c'est une affaire d'homme, vous savez ces homo sapiens hirsutes, au front bas et au langage sommaire, ceux qui nous dirigent toujours en fait… alors passons notre chemin et laissons les se battre, nous ne pouvons rien leurs apprendre. Et entre nous mes sœurs, le plus important ce n'est pas d'être des hommes ou des femmes, d'être les premiers ou les deuxièmes, mais avant d'être des êtres humains, tout simplement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-6331030981278281835?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/6331030981278281835/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=6331030981278281835' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/6331030981278281835'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/6331030981278281835'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2008/05/le-deuxime-sexe-simone-de-beauvoir.html' title='Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir, Gallimard, 1949.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-2018112744411758135</id><published>2008-05-16T15:44:00.000+02:00</published><updated>2008-05-16T15:46:44.659+02:00</updated><title type='text'>La création du monde, Jean d'Ormesson.</title><content type='html'>C'est un petit roman de deux cent pages. C'est plaisant et vif avec un brin d'humour décalé comme si l'auteur se riait des chemins qu'il nous propose et qui n'aboutissent finalement nulle part. &lt;br /&gt;Le lieu : une petite île de la Méditerranée orientale avec sa mer tiède, ses criques que l'on découvre à chaque fois émerveillé et une petite maison blanche avec sa cour bleue et son grand figuier, protecteur des ardeurs d'un soleil obstiné. Les personnages : quatre hommes, Edgar, François, André et le narrateur, et aussi un autre dont la présence se révèle à nous vers la fin (Ce n'est pourtant pas faute d'être cité tout le long de la lecture). &lt;br /&gt;Quatre hommes, pas de femmes (D'Ormesson vieillirait-il ?), et qui se réunissent depuis de nombreuses années pour huit jours de vacances dans cette villégiature comme des félons dans leur repaire. Quatre hommes qui, on le ressent, sont nantis, assis confortablement dans cette société qu'ils fuient néanmoins pendant un temps. Quatre amis avec des vies d'hommes comme on les magnifie à notre époque et qui se retrouvent durant ces quelques jours entre les baignades, le bateau, le soleil implacable, les repas à l'ombre du figuier, le Pomerol, les cigares, les alcools forts et les longues discussions qui s'éternisent sous la voûte étoilée. Un autre personnage nommé Melina est brièvement suggéré dans les débuts mais le narrateur ne prend pas la peine d'évoquer sa féminité tant c'est évident : c'est elle qui prépare les repas (Bin voyons…). Un monde d'homme décrit par un homme. &lt;br /&gt;Le récit est simple : l'un d'eux a amené dans sa valise le manuscrit d'un inconnu, un certain Simon Laquedem, qui sans autre précision le lui a expédié par la poste. C'est visiblement le journal d'un type qui deux ans auparavant a eu dans ses rêves la révélation du divin d'abord par l'intermédiaire d'un ange puis par Dieu lui-même qu'il ne verra jamais. Les quatre compères tout d'abord goguenards et plutôt railleurs décident par jeux de lire à haute voix et à tour de rôle le petit cahier recouvert d'une écriture "régulière", "propre" et "lisible". En passant merci à l'auteur de nous avoir épargné l'écriture "fine et serrée". Ainsi, chaque soir, à la fraîche, chacun y va de sa lecture, enveloppé de la pesante fumée des cigares et interrompu par les traits d'alcool. Le ciel est allumé. Le doux vent qui apaise la chaleur persistante fait vaciller la flamme de la lampe. La vie est belle. Nos quatre amis lisent. &lt;br /&gt;Qu'entendons nous ? L'histoire d'un univers, le notre, né de rien il y a des milliard d'années par la seule volonté d'un rien qui est tout. Vous avez compris de qui je veux parler… A peu près "tout" est passé en revue : le mur de Planck, cette singularité qui nous cache ce concept ou le temps et l'espace ne sont pas encore, du moins ne sont plus appréhendables par nos esprits englués dans la causalité, de la naissance du temps car l'espace est, des quelques milliardièmes de secondes qui suivirent où confinée dans un tête d'épingle (C'est une image, les épingles sont apparues beaucoup plus tard) la totalité de l'univers ne demandait qu'à s'épanouir, la dilatation irrépressible diminuant la pression de rayonnement et de fait la température permettant la naissance des premières particules dont la lumière. Et elle fut... &lt;br /&gt;Puis vinrent les particules massiques encore bien agitées, il faut bien l'avouer, mais l'espace-temps prenant de l'ampleur elles se calmèrent et les lois nées en même temps que l'univers leur permirent de se rassembler pour constituer les premiers atomes. Et c'est là que les emmerdements commencèrent… la suite, vous la connaissez. Les premières étoiles, les premières galaxies, les premiers amas, les premiers super amas. Bref ! L'univers quoi. Et dans tout ce bordel remarquablement organisé, des planètes, des milliard de milliard de milliard de planètes (Enfin à peu près). Et sur une de ces putains de petite planète, parce qu'elle se situait juste à la distance qu'il fallait de son étoile, pas trop chaude, pas trop froide, il y a deux et demi, trois milliard d'années, en fait on ne sait pas trop, grâce à des conditions particulières, la matière s'agença différemment. Un agencement ténu, rien de ce que nous connaissons aujourd'hui, un assemblage de grosses molécules, des protéines mais réunies suivant une séquence singulière et une de ces propriétés précisément était d'être altérable. Merveilleux assemblage il faut le reconnaître. Il avait besoin de son milieu et son milieu avait besoin de lui. Un peu comme la boule de neige a besoin de la pente pour grossir. Mais loin de tendre vers un équilibre, cette chimie fut toujours en faveur de cet assemblage, pas du milieu. Ce très léger déséquilibre amena cette chimie déjà complexe à s'étoffer lentement, très lentement. Heureusement d'ailleurs sinon je ne serais pas là à vous gonfler avec ça. Mais sa pérennité était limitée et à cause ou grâce aux lois de la mécanique quantique, du milieu aussi, les liaisons étaient instables; au bout d'un temps : la déliquescence. Le remarquable assemblage de désassemblait et puis comme il n'était pas tout seul les morceaux de l'un se rassemblaient avec les morceaux de l'autre, et ça aurait pu continuer longtemps comme ça. Mais il y a le déséquilibre, souvenez vous. Et à chaque fois un petit quelque chose en plus, quelque chose qui persistait un peu mieux; quelque fois, et c'était le plus souvent le cas, qui ne fonctionnait pas. Et ce qui ne fonctionnait pas, toujours ces foutues lois, en restait là. Mais à ce train là, au bout de centaines et de centaines de millions d'années les premières formes de cette vie que l'on voit encore aujourd'hui dans nos microscopes prirent formes. Et cela continua et continue encore, jusqu'à l'espèce humaine.&lt;br /&gt;Cela dit, il y a de quoi faire un beau roman en vérité. Ah…, au fait ! Et Dieu dans tout ça ? Certain, à cette question, serait tenté de répondre comme l'avait fait Laplace à Napoléon auquel il expliquait sa théorie sur la naissance du système planétaire : "Sire, je n'ai pas eu besoin de ce paramètre". Il faut dire ici que le mathématicien était un indécrottable militant du déterminisme. Mais pour d'autres, suivez mon regard, ce paramètre, ils en ont besoin; c'est même le seul…&lt;br /&gt;Par ailleurs, nous devons avouer que le procédé littéraire est astucieux. Le roman met en scène quatre types qui lisent à tour de rôle; ils lisent ce qu'un parfait inconnu (Enfin presque…) a rédigé sous la grâce de celui qui est sensé être à l'origine du monde dans lequel nos personnages lisent. Ce n'est pas la première fois : Abraham, Moïse, Jésus, Mahomet sont passés par là (Tiens…? ils sont quatre aussi ?) mais comme l'écrivait Gide, tout déjà a été dit mais comme personne n'écoute, il faut toujours recommencer. Bien entendu, à la fin il y a un petit rebondissement à la d'Ormesson, une sorte de clause de style, histoire de laisser le lecteur dans l'expectative. &lt;br /&gt;En fait l'auteur, sous prétexte de l'intrigue, affirme, glose sur la beauté ineffable de la vie, expose un semblant d'eschatologie dont l'espèce humaine serait la clé secrète mais oublie de fermer la porte en partant. Pour faire court : Dieu existe mais je n'en suis pas si sûr. A cet égard, certains athées pratiquent sensiblement la même posture en introduisant simplement la négation dans les premiers termes. C'est normal parce que la réponse à la fameuse question n'est jamais une réponse mais un choix. Et comme chacun sait, un choix est généralement soumis à des injonctions affectives plutôt qu'à une approche rationnelle. On croit toujours à ce qui nous arrange le plus. Et puis il y a cet agaçant et éternel anthropocentrisme, legs de notre vieux fond culturel occidental, dont notre auteur est visiblement bien imprégné. L'être humain est la résultante d'une nécessité dont la transcendance nous échappe; il est unique, acteur d'une pièce dont le nom du concepteur est pour lui imprononçable et dans laquelle il est persuadé d'improviser alors que son texte lui est soufflé au moment voulu par l'auteur qu'on ne voit jamais. Pauvre être humain… On se demande pourquoi ses philosophes se décarcassent ! Un monde où même notre logique la plus formelle serait soumise à une métalogique inaccessible. Mais alors…, le théorème de Gödel qui établit que tout système formel est indémontrable et voué à l'incomplétude ne serait-il pas une approche de la description de notre univers ? Dans ce cas, toute tentative de formalisation de celui-ci avec ou sans le paramètre cité plus haut est promise à l'indémontrabilité. Il nous faut peut être chercher ailleurs. Alors, cherchons encore.&lt;br /&gt;A propos, on parle presque toujours de la création du monde mais si on s'intéressait un peu à sa terminaison pour changer. Je propose que nous devrions commencer par là, et je ne connais pas votre avis, mais je pense que nous ne regardons pas dans la bonne direction.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-2018112744411758135?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/2018112744411758135/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=2018112744411758135' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/2018112744411758135'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/2018112744411758135'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2008/05/la-cration-du-monde-jean-dormesson.html' title='La création du monde, Jean d&apos;Ormesson.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-2464067125355432893</id><published>2008-05-16T15:40:00.002+02:00</published><updated>2008-05-16T15:41:59.467+02:00</updated><title type='text'>Oscar Wilde, biographie, Pascal Aquien, Editions aden, 2006, collection "Le cercle des poètes disparus".</title><content type='html'>" La vie est une chose trop importante pour qu'on en parle sérieusement."&lt;br /&gt;C'est ainsi que se termine cette biographie, par cette phrase qui résume particulièrement bien ses quarante six ans de vie. Sacré Oscar…! Une vie est une vie, qu'elle dure cent ou quarante six ans. Certains ont besoin de cent ans, d'autres moins de la moitié pour en explorer les recoins. Pour Wilde, apparemment, un peu plus de quatre décennies suffirent. Et pourtant que n'aurait-il écrit s'il avait vécu plus avant. &lt;br /&gt;Connaissez vous la rue des Beaux-arts à Paris ? Si vous y passez un jour arrêtez vous à peu près vers son milieu, au numéro 13 exactement, et vous y verrez un hôtel plutôt luxueux; une tête de bélier veille au dessus de l'entrée. Cet hôtel s'appelle "L'Hôtel" tout simplement. Vers les années 1900 il se nommait l'Hôtel d'Alsace et était d'une catégorie "moyenne". De chaque coté de la porte d'entrée, entre le rez-de-chaussée et le premier, deux plaques gravées rappellent au flâneur qu'ici vécurent deux grands poètes et écrivains. Oscar Wilde qui y est mort le 30 novembre 1900 et Jorge Luis Borges qui y séjourna plusieurs fois entre 1977 et 1984. Il est nécessaire de préciser d'ailleurs qu'il y a une faute de commise sur la date de naissance de Wilde. En effet celui-ci est né le 16 octobre 1854 et non le 15 octobre 1856 comme il est taillé froidement dans la vieille pierre. Mais que cela ne nous étonne pas. Ce cher Oscar avait l'habitude de tricher sur son âge en se rajeunissant de deux ans, coquetterie puérile sans doute, et la pierre lui rendant hommage ne fait somme toute que continuer à le flatter par delà le trépas.&lt;br /&gt;Ceci dit, c'est biographie est remarquable par son étude sur cette progression qui fit de Wilde, ce dandy, poète dilettante et mondain, un écrivain au rayonnement mondiale. On le suit presque au jour le jour et mois par mois dans ses pérégrinations londoniennes, parisiennes et nord américaines afin d'imposer au monde ce génie qu'il n'hésite pas à déclarer même aux douaniers. Suffisance ? Surestimation de soi ? Vanité ? Oui, un peu de tout cela certes mais surtout, effectivement, du génie. Wilde a fait de l'esthétisme un mode de vie et de pensée. On l'imagine aisément veillant à ses gestes et ses mots, à sa démarche, ne se pardonnant aucune faute vestimentaire; non pas précisément pour se conformer au pesant modèle victorien mais pour volontairement s'en démarquer. Mais si l'esthétisme est une pièce de théâtre, il n'est pas aisé d'y plaire en permanence et l'auteur n'hésite pas à montrer du doigt les petits, ou gros travers parfois, qui nuirent au jeu de notre poète. Il en va de son antisémitisme, il est vrai endémique dans la "bonne société" de son époque, de sa religiosité incertaine, à ses positions politiques pour le moins sommaires mais préfigurant néanmoins le courant de pensée qui portât au pouvoir l'ordre de fer des années trente. Il est curieux de noter en passant, et Wilde n'est pas le seul dans ce cas, que le manque notoire de culture politique et historique de certains intellectuels a tout compte fait favorisé l'éclosion de régimes qui se sont empressés cyniquement de proscrire ceux là même dans de tristement célèbres autodafés, fin de la parenthèse.&lt;br /&gt;En suivant le chemin de la vie de Wilde à travers sa biographie on finit par tomber sur un ravin ténébreux, sa vallée de Josaphat, ce lieu d'où il ressuscita après deux années d'un séjour de douleur. Ce lieu est la prison de Reading. Toute l'hypocrisie et la lâcheté des bonnes gens se cristallisèrent dans cette condamnation pour homosexualité. Wilde ne s'en remit jamais réellement. La prison l'a tué à retardement, physiquement et psychologiquement. Même s'il fit bonne figure quelques fois, l'esthète était brisé. &lt;br /&gt;Je vous invite à suivre le chemin de Wilde et pour ma part, tout au long de cette lecture, en cheminant comme ça à ses cotés et en se quittant au bout du chemin, j'avais envie de lui dire : " Tu sais mon vieux Oscar, la vie devient sérieuse quand on ne la maîtrise plus ". Lire la vie d'Oscar Wilde, c'est découvrir derrière les rires et la lumière du cabaret les cris et les meurtrissures de la passion, passion prise ici dans son acception première. Si un jour vous croisez la vie d'un grand créateur, regardez bien autour de lui, la souffrance ne sera pas loin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-2464067125355432893?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/2464067125355432893/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=2464067125355432893' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/2464067125355432893'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/2464067125355432893'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2008/05/oscar-wilde-biographie-pascal-aquien.html' title='Oscar Wilde, biographie, Pascal Aquien, Editions aden, 2006, collection &quot;Le cercle des poètes disparus&quot;.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-3408840726549908779</id><published>2008-05-16T15:16:00.006+02:00</published><updated>2008-05-21T15:24:15.048+02:00</updated><title type='text'>La France, les femmes et le pouvoir. T1. L’invention de la loi salique. Eliane Viennot, Perrin, 2006.</title><content type='html'>Cette étude remarquablement construite, en cheminant à travers onze siècles de l’histoire de notre pays, démantèle au fil des chapitres cette magnifique construction qu’élaborèrent les tenants du pouvoir royal à partir du XIVe siècle afin de légitimer la présence de leur mâle fessier sur le trône de France. Et cette construction, nous la connaissons tous : c’est la réputée loi salique dont le nom nous expédie, avec nostalgie pour les uns ou contrariété pour les autres, vers nos cours d’histoire au prodrome du lycée.&lt;br /&gt;Enfin ! S’écrit-on à la lecture de ce premier tome, quelque un(e) se décide à abattre un de ces édifices érigé par l’Histoire officielle, cet axiome laborieusement ânonné par des générations d’écoliers : le pouvoir ne peut tomber en quenouille mais échoir exclusivement dans les mains du premier descendant mâle quelque soit son degré de filiation avec le défunt roi. Mais avouons le…, nous nous y sommes tous fait prendre et, plus tard, de quitter cette belle institution nationale chargée de nous instruire assurés de la véracité du message.&lt;br /&gt;Avec la loi salique nous sommes en face d’un des plus bel endoctrinement de l’Histoire : comment transformer un article d’un corpus de lois franques réglementant la sphère du privé - à l’origine de tradition orale – en un écrit régissant l’héritage de la couronne de France. Nos média et nos politiques contemporains, pourtant bien affûtés sur la question, peuvent en prendre de la graine ! Certes, tout ça ne s’est pas fait en un jour et l’auteure nous guide à travers toutes les tentatives plus ou moins laborieuses qui aboutirent à l’officialisation du fameux article dûment tamponné et estampillé par les tenants de l’Histoire institutionnelle. Et Henri de Navarre de succéder au dernier des Valois… au nez (Mais pas à la barbe) de Marguerite.&lt;br /&gt;Mais, rendons nous à l’évidence, toute manipulation ne peut se faire sans un certain nombre de complicités ; tous ces barons ou prince du sang n’auraient pu obtenir une telle issue sans l’aide de leurs subordonnés, ces clercs et autre porteurs de robe de bure. Et au delà de la démonstration de l’invalidité de cette fameuse loi, Eliane Viennot établit ici la collusion de tous ces inspirateurs pour qui le statut de femme ne peut s'accoler au pouvoir car le pouvoir, c’est l’homme, celui qui en a. Pourtant tout avait bien débuté pour la femme au haut Moyen-Âge. Elle commençait à connaître un semblant d’autonomie ; certaine d’entre elle se faisait un nom, existait à travers les arts, héritait par leur mariage de duchés ou de comtés, dirigeait des abbayes. Mais c’était sans doute déjà trop. La tolérance masculine envers l’identité féminine a ses limites et la porte du cloître se referma sur elles, étouffant les bruits du monde pour faire place au silence de l’Histoire comme le note si rudement Michelle Perrot. Il est vrai d’aucuns diront, même encore de nos jours, que cette loi fut dictée par des nécessités face au risque de voir le royaume ainsi gouverné tomber en des mains étrangères, mais qu’en est-il des royaumes scandinaves ou anglais ? Ici encore, l’argument invoqué tient de la mauvaise foi. Il faut nous rendre à l’évidence : la loi salique est une manipulation, un tour de passe-passe afin d’écarter les femmes du pouvoir, et au-delà du pouvoir politique, de tous les pouvoirs.&lt;br /&gt;Ce tome premier se termine sur le XVIe siècle. Je ne peux m’empêcher de faire un constat. A la fin du XVIIIe, la royauté fit place en 1792 à une première république puis il y en eut une seconde, une troisième, une quatrième, une cinquième… La loi salique n’a plus lieu d’être puisque nos dirigeants sont désignés au suffrage universel. Universel ? C’est vite dit. En France, il faudra attendre 1944 pour que les femmes obtiennent les mêmes droits civiques (Droit de vote et éligibilité) et 2007 pour qu’une femme se présente à l’élection de la présidence, soit 215 ans après l’instauration de la première république. Universel le suffrage ? Pas depuis longtemps. Si les institutions républicaines ont fait table rase des outrances de la monarchie de droit divin, elles ont su habilement en garder et à en entretenir certains archaïsmes.&lt;br /&gt;C’est vrai, la loi salique est morte, mais en y regardant bien, elle a toujours de beaux restes momifiés et merci à ces femmes comme Eliane Viennot de nous le rappeler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;a href="http://canalc2.u-strasbg./video.asp?idvideo=6188"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://canalc2.u-strasbg./video.asp?idvideo=6188"&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-3408840726549908779?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://canalc2.u-strasbg.fr/video.asp?idvideo=6188' title='La France, les femmes et le pouvoir. T1. L’invention de la loi salique. Eliane Viennot, Perrin, 2006.'/><link rel='enclosure' type='' href='http://canalc2.u-strasbg.fr/video.asp?idvideo=6188' length='0'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/3408840726549908779/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=3408840726549908779' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/3408840726549908779'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/3408840726549908779'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2008/05/la-france-les-femmes-et-le-pouvoir-t1.html' title='La France, les femmes et le pouvoir. T1. L’invention de la loi salique. Eliane Viennot, Perrin, 2006.'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-437986461903320483.post-1374398674241791826</id><published>2007-11-19T17:43:00.000+01:00</published><updated>2007-11-19T17:47:01.038+01:00</updated><title type='text'>J.P. Sartre</title><content type='html'>Carnets de la drôle de guerre. Jean-Paul Sartre, Gallimard, 1995.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mobilisé en septembre 1939 comme la plupart des français en âge de l'être, Jean-Paul Sartre fut versé dans la météo comme simple soldat et sondeur. Son travail consistait à envoyer des ballons dans l'atmosphère à des fins de relevés de température, pression atmosphérique, humidité et j'en passe et des meilleurs… Le but en était de communiquer à l'artillerie ces données au cas où… ce "cas où" se fit attendre puisque le soldat Sartre fut fait prisonnier en juin 1940 comme la plupart des français en âge de l'être et ce, sans avoir vu l'ennemi de près comme de loin. Bien entendu, cette guerre d'attente, cette drôle de guerre laissa beaucoup de temps libre au philosophe et celui-ci en profita pour consigner dans des carnets ses impressions, ses réflexions et ses développements philosophiques qui furent à l'origine de son œuvre après-guerre. Mais n'en sourions pas. Pour tous les gens de cette époque, c'était la guerre avec l'Allemagne, une Allemagne nazie ne n'oublions pas. Nizan, son ami de l'Ecole Normale fut tué en mai 40 et Bost, un de ses élèves du lycée du Havre, fut blessé. A l'arrière, on s'inquiétait même si la situation de Sartre était loin d'être dramatique. Lui-même avait des échos des combats par les soldats revenant du front ou qui l'avaient côtoyé, par les lettres de Simone de Beauvoir qui l'informaient relayant ce qu'elle avait appris dans le courrier qu'elle-même avait reçu. Et puis il y avait les rares permissions qui lui permirent de revenir deux fois à Paris. &lt;br /&gt;Pendant tout ce temps là, Sartre écrivit, lut et remplira au moins 15 carnets de septembre 39 à juin 40. Seuls six furent conservés objet de la présente édition chez Gallimard. Les autres furent perdus pendant la guerre même, dans les déménagements successifs ou dans les deux attentats de 61 et 62 alors qu'il habitait au 42 rue Bonaparte.&lt;br /&gt;Il élabore lentement au fil des pages ce qui allait devenir la pièce maîtresse de sa pensée qu'il exposera dans son essai "L'être et le néant", titre qu'il trouvera d'ailleurs en juin 40 en pleine débâcle. Mais en dehors de ces études philosophiques, il prend le temps de noter les faits et gestes de ses "acolytes", les petits détails de la vie de troufions, ses absurdités, ses excès et ses chagrins parfois. Il observe et s'attarde sur la confrontation forcée entre des individus réunis pour les besoins de la cause ce qui souvent dégénère en coup de gueule, une petite guerre dans la guerre. Notant avec un réel soucis du détail, il dépeint le français moyen de l'époque mais jamais avec mépris, voire même avec une certaine mansuétude. La plupart de ses compagnons, des réservistes comme lui, sont mariés et père de famille, et on s'amuse à lire sa définition de l'homme marié qu'il qualifie de prêtre domestique. Bien sûr, lui-même a laissé à l'arrière des êtres aimés et bien qu'il essaie de le masquer, il souffre de la séparation et de l'incertitude des temps à venir. Il y a évidemment Simone de Beauvoir, mais aussi Wanda, Olga et quelques unes encore dont il évoque à demi mots la présence. Simone viendra lui rendre visite secrètement. Concernant Wanda, nous le trouvons régulièrement partagé entre la jalousie, le sentiment amoureux ou l'interrogation sur la réalité de ses sentiments envers lui. Il en arrivera à lui proposer le mariage (!) ce qui de la part de Sartre nous laisse quelque peu pantois. Mais probablement Wanda ne recevra jamais ce courrier et Colette Elkaïm, la fille adoptive de Sartre, qui a annoté le texte, émet l'hypothèse que Simone, à l'époque, interceptât la missive, ce qui reste à prouver naturellement. Si tel était le cas, cela serait comme un coup de canif dans le contrat que les deux écrivains avaient établi dans leurs jeunesses à Normale Sup'. Après tout, comme dirait l'autre, cela ne nous regarde pas…&lt;br /&gt;Un autre aspect sourd de ces textes, c'est ce sentiment confus de culpabilité envers ce conflit. Culpabilité de n'avoir pas su prévoir, de n'avoir rien fait contre la venue de cette guerre qui, il le pressent de plus en plus dans ses derniers carnets, durera longtemps. Il en fait l'aveu dans son carnet n°1 (p.135): "Ainsi, en ce qui me concerne, je suis net: je hais la guerre mais je n'ai – de 1920 à 1939 – pas lever le petit doigt pour la faire reculer; je paye aujourd'hui cette imprévoyance en ne me plaignant pas, en refusant la rage et le désespoir, en subissant ce que je n'ai pas su ni voulu éviter." Cet aveu nous ramène à la question somme toute fondamentale: le philosophe doit-il interagir avec la société dans laquelle il est plongé malgré lui, ou doit-il s'en détacher de peur que les valeurs temporelles dont elle est entachée ne parasitent sa réflexion? La philosophie est une science humaine mais l'humain n'est pas le centre de l'Univers, il n'en est qu'une partie; et puis l'humanisme est-il la conséquence ou le but de la philosophie? Ce livre ne répond pas à ces questions, d'ailleurs ce n'est pas son but, mais il a le mérite de nous inciter à nous les poser.&lt;br /&gt;Même si l'auteur aborde un certain nombre de questions philosophiques issues de son étude des œuvres de Husserl et de Heidegger, ce livre est avant tout un témoignage humain sur cet avant-drôle-de-guerre qui entraînera l'Europe dans l'horreur du fascisme. &lt;br /&gt;Un témoignage ténu certes car il ne touche essentiellement que l'entourage immédiat du philosophe mais on y perçoit le soucis d'humanisme qui caractérisera ses ouvrages futurs. Sartre est connu mondialement mais son effacement devant le travail philosophique le fait méconnaître de beaucoup d'entre nous. Le récit de Simone de Beauvoir dans "La cérémonie des adieux" suivi de ses entretiens avec Sartre nous en donne une confirmation émouvante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petrus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/437986461903320483-1374398674241791826?l=litterature-petrus.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/feeds/1374398674241791826/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=437986461903320483&amp;postID=1374398674241791826' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/1374398674241791826'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/437986461903320483/posts/default/1374398674241791826'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://litterature-petrus.blogspot.com/2007/11/jp-sartre.html' title='J.P. Sartre'/><author><name>Pierre Olivier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/02149746496245098033</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_Z-mK-wrlpM4/SUUrdlwm0KI/AAAAAAAAACs/F8xy4m0PbtI/s1600-R/Photos-0089.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
